Meurs, chien d’infidèle !

Vous le savez bien : Nord n’est pas persuadé que nous (l’humanité et tout ce qui l’entoure) ne sommes pas des personnages de roman, que nous existons vraiment. Il faut dire que Nord n’aime pas beaucoup son histoire et aimerait bien rencontrer l’écrivain tout-puissant pour lui en toucher deux mots. Oui, j’aime le théâtre, j’aime la scène, j’aime le jeu, j’aime la légèreté de Guignol tout autant que la profondeur d’Antigone et je suis depuis longtemps convaincu que les auteurs, metteurs en scène et acteurs font concurrence à (ou aux) Dieu(x) en créant des univers dans lesquels des destins naissent, vivent et meurent. Lorsqu’il m’arrive de songer à l’essence du théâtre ou des arts en général, une phrase de l’immense Claude Roy me vient spontanément à l’esprit : “Les beaux-arts, c’est ce qui ressemble le plus aux mythes de la création, à la main du démiurge qui, de la matière, extrait les formes, les anime, recrée la vie.” En effet, je rejoins naturellement sa pensée qui est en substance que le créateur artistique est aussi celui de destins.

Alors que je cherchais récemment une représentation qui pourrait me convenir, je dérivais sur les canaux des internets sans forcément prêter attention au fait que les sites que je visitais étaient à des milliers de kilomètres de mon lieu de résidence. Pour tout dire, j’avais atterri sur un site australien qui proposait une pièce d’un certain David Finnigan intitulée en Anglais « Kill Climate Deniers » ce qui signifie à peu près ceci en Français : « Tuez ceux qui nient le climat » (c’est ici) Vous me direz que la littérature est pleine de meurtres et je vous confierai que c’est justement parce qu’il s’agit de littérature que ce thème peut y trouver une position centrale. Car dans la réalité, dans la vraie vie, le meurtre ou l’appel au meurtre a une tout autre dimension. Jacques Vergès ne disait-il pas à ce propos que « Si les tueurs en série nous fascinent, c’est précisément parce que en dépit de leurs crimes atroces, ils restent à notre image » ? Le cher homme disait aussi, fort justement, que ce qui « […] sépare un tueur à la chaîne du plus honnête des contribuables [est] un détail infime, un fétu de paille tout de suite envolé et qui cependant constitue pour la plupart d’entre nous une barrière infranchissable : le passage à l’acte. »

Or voici que se joue une pièce de théâtre dont le titre est absolument un appel au meurtre, autrement dit ce manque et est nécessaire à l’hésitant, au timoré pour passer à l’acte. Vous me direz, ce n’est qu’une création littéraire, la liberté de création est fondamentale et il ne faut pas s’émouvoir de ce titre ni de ce thème et je serai tenté de vous suivre dans cette direction à ceci près qu’il est absolument inadmissible d’accepter un appel à la transgression de l’axiome de non-agression. Car si le fond de l’histoire est convenu (des éco-terroristes prennent d’assaut une salle de concert dans laquelle se produit un groupe de rock et menacent d’exécuter tout le monde si le gouvernement ne met pas immédiatement fin au réchauffement climatique) il apparait instantanément que la démarche est politique et bénéficie du soutien du gouvernement australien qui a subventionné la chose à concurrence de 19.000AUD (à peu près 12.000EUR). À ceux qui s’étonneraient qu’un gouvernement subventionne une création qui appelle au meurtre, même pour du beurre, pour rire, je répondrai qu’ils errent grandement en y cherchant une quelconque justification qui ne soit pas moralement répréhensible. Le but du gouvernement n’étant pas de distinguer le bien du mal, mais d’atteindre un objectif et pour ce faire d’user de tous les moyens possibles – ici, le but est la pérennisation du dogme climatique, les moyens sont la peur, la crainte, l’effroi, la menace.

Pour rire ? Je pouffe ! Je pose ici à l’attention du lecteur que l’auteur a été récompensé en 2017 par un « Griffin Award » pour avoir défendu et réalisé son œuvre contre vents et marées ; qu’il ne voit aucun problème éthique ou moral à son appel au meurtre (c’est ici, si vous lisez l’Anglais); qu’il se situe dans la droite ligne des créateurs usant de l’emphase pour la défense de la planète ! À ce sujet je me permets de rappeler à votre bon souvenir cette vidéo absolument ahurissante où l’Église de Climatologie promettait de faire exploser vos enfants (oui !) s’ils devaient pour leur malheur nier le réchauffement climatique (ici ). Nous contemplons des individus qui, sans sourciller, utilisent l’ultime menace pour imposer leur doctrine : la menace de mort ! On ne me fera pas croire que leurs affidés sont tous des assassins en puissance, là n’est d’ailleurs pas mon propos, pas plus qu’ils adhèrent à une doctrine mortifère dans la joie et la bonne humeur (il doit y en avoir, c’est certain). On errerait grandement en affirmant par contre que beaucoup n’acquiescent pas sous la contrainte, ou à la limite en faisant un « pari à la Pascal » particulièrement vicié qui consiste à abdiquer toute raison pour avoir la paix et – pourquoi pas ?  – se voir gratifier d’un strapontin dans le monde nouveau que promettent les fascistes verts. En fait, ceux-là haïssent sans doute la nouvelle Église en tout ou en partie, mais trouveront plus simple, sûr et confortable d’approuver. Lâches : il y a des précédents historiques, vous savez !

Tout ceci me rappelle bien évidemment le brave Suétone, qui prêta à l’Empereur Tibère cette interjection: « Oderint, dum probent » (« Qu’ils me haïssent pourvu qu’ils m’approuvent ») – nous sommes en plein dedans ! Je doute fort que tous les tyrans de la création aient été adulés par tous, il me semble malhonnête d’envisager que les dictateurs furent adoubés par tous, comme il me semble particulièrement naïf d’affirmer que parce que la majorité démocratique a choisi tel ou tel projet politique, celui-ci sera endossé avec joie et entrain par l’ensemble de la population concernée. Peu importe au Maître d’être aimé, il n’est pas là pour ça ! Je suppose qu’il doit apprécier de temps en temps une petite montée de sève à l’écoute de louanges, de commande ou sincères, mais en tout état de cause il n’en n’a cure parce que ce n’est pas son but : il veut le pouvoir, si possible avec la bénédiction des pauvres hères qui l’auront élu ou porté à cette place, il veut qu’on le laisse faire, qu’on l’approuve même. Ainsi en était-il avec les tyrans, les cultes, les sectes de jadis, ainsi en est-il avec l’Église de climatologie à ceci près que cette dernière détient un atout sans pareil par rapport à ses illustres modèles historiques : elle ne veut pas seulement créer un.e nouvel.lle humain.e., elle se prétend seule en mesure de réellement sauver la planète quitte à susciter l’extinction de l’humanité (si vous avez les nerfs, vous pouvez jeter un œil ici : Mouvement pour l’Extinction Volontaire de l’Humanité). Et vous savez quoi ? ça marche !

Et pourtant, quand on y regarde, leur doctrine est définitivement abominable : ils haïssent la liberté individuelle, la propriété privée, ils rêvent d’une société centralisée à l’échelle mondiale, financée par la spoliation légalisée ; ils ne se préoccupent pas vraiment de la pollution, ils veulent le contrôle total par le truchement du développement durable, mot-valise qui n’a aucun sens si ce n’est celui qu’eux-mêmes autorisent selon les besoins de la cause ; ils se disent progressistes mais abhorrent le progrès, exigent une décroissance c’est-à-dire une régression ; ils vomissent les fermiers, les pêcheurs, les artisans, les producteurs enfin bref tous les maillons de toutes les chaînes de valeur qui font que nous vivons dans le confort et non le manque. Rien, absolument RIEN n’est compatible avec la liberté individuelle … et pourtant ça marche : le despotisme vert rallie à lui de plus en plus de soutiens, actifs ou passifs qui parfois n’ont aucune sympathie pour leurs délires, mais qui l’approuvent quand même. Par lâcheté, lassitude, facilité – que sais-je ? – mais certainement parce que c’est ainsi depuis toujours.

Ce monde est donc foutu, c’est l’évidence, mais les précédents l’étaient aussi et en dernière analyse : Oderint dum metuant, comme disait Gaïus Julius Caesar Augustus Germanicus qui était moins hypocrite que Tibère.

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